vendredi 10 mai 2019

Mon "maternage proximal"




Dès ma première grossesse et surtout à la naissance de ma première fille, pour moi il était instinctif et primordial d'être au plus proche d'elle, de la protéger et d'essayer de rendre sa venue au monde la plus douce et agréable possible.

Naturellement et en adéquation avec mon article précédent Ma plus grande angoisse de maman, dès les premières secondes, son bien-être est devenu ma priorité numéro une. Mon sens de l'empathie a été exacerbé pour mon bébé, j'essayais de me mettre à sa place dans chaque situation et de comprendre ce qui lui permettrait de se sentir bien. Je pense que lorsqu'on décide d'avoir un enfant, son bonheur et son bien-être doivent devenir notre priorité de parent... après tout, il n'a pas demandé à être là, alors c'est la moindre des choses.  Mais surtout, j'étais convaincue que si un bébé se sent aimé inconditionnellement, alors il aura la confiance en lui dont il a besoin pour être heureux, peu importe ce que cela veut dire pour elle/lui.

Pour moi cela se traduit principalement par la proximité: allaitement, portage, beaucoup de câlins, "cododo", etc... Ce n'est que très récemment que j'ai découvert que cette façon de voir la maternité et de penser le bonheur de l'enfant avait un "nom": le maternage proximal (bien sûr, il existe à des degrés différents). Ci-dessous, je colle l'extrait d'un article à ce sujet qui résume parfaitement ma façon de penser.

"Ces mamans "nature" sont des mères qui ont choisi de vivre leur grossesse, la naissance de leur bébé et leur façon de l'éduquer avec un seul mot d'ordre: être totalement dévouées à leur enfant et à ses besoins. Leur conviction:  le lien qui se tisse avec le bébé au cours des premiers mois est un socle affectif indestructible" [Article "Les hyper-mères: le point sur le maternage intensif" de parents.fr].

Je sais bien que pour certains, c'est difficile à comprendre. Cela a même parfois "inquièté" ma famille qui pense que je ne prends pas assez de temps pour moi, ou pas assez de recul.

Le simple fait d'avoir trouvé ce terme à été libérateur... Lire/Regarder des articles/reportages à ce sujet et les témoignages d'autres parents aux façons de faire similaires via les réseaux sociaux m'a conforté. Je suis loin d'être une personne qui se laisse influencer par les remarques négatives et fondées sur un manque d'information et/ou un gap générationnel du type "tu la porte trop, tu vas mal l'habituer" , "tu vas en faire un enfant collant",  "il faut couper le cordon", "tu vas te faire marcher dessus", "elle ne dort jamais dans son lit?", etc... Mais entre ça et le fait de ne pas voir, ou que très rarement, de personnes autour de moi, avec cette même approche, parfois je me sentais seule dans ma maternité.

Aujourd'hui, pour ma deuxième fille, je suis mon instinct et besoin de maternage proximal encore plus et sans aucun complexe, d'autant plus convaincue par ses bienfaits. De même, je suis toujours très proche de mon aînée mais bien sûr je me suis adaptée à son évolution et ses besoins...

Cette adaptation à commencé lorsque j'ai repris le travail, un peu avant ses 6 mois, le pire moment de ma vie. Heureusement que Papa est devenu père au foyer (je raconterai cela dans un autre article) sinon je ne pense pas que j'aurais pu reprendre le travail aussi "sereinement" et me concentrer dans mon rôle. De la même façon, lorsqu'elle a pu se déplacer seule et commencer à vraiment jouer avec les autres enfants, ceux de mes amies ou bien dans les parcs, on a tout de suite vu à quel point elle était épanouie au contact des autres enfants et qu'elle se souciait de moins en moins de savoir si maman ou papa étaient juste derrière elle ou plus loin... Elle a commencé progressivement la crèche vers 15 mois et après trois semaines d'adaptation un peu difficile (renforcé par le fait que nous étions assez isolés en Australie sans famille autour de nous pour la garder de temps en temps et donc le fait qu'elle n'avait jamais vraiment été sans maman ou papa), du jour au lendemain, elle réclamait la crèche et ses copains même le soir et les weekends. Aujourd'hui elle va à l'école (en toute petite section) tous les matins et c'est la même chose, elle adore.

Nous avons tout simplement suivi son développement et son envie l'indépendance naturels. Encore aujourd'hui, nous ne la forçons pas à "s'éloigner de nous" si elle ne le souhaite pas (par exemple, aller dormir chez mamie/papi), nous suivons ses envies car nous pensons qu'il ne faut pas la brusquer, cela risquerait de la braquer et la stresser plutôt qu'autre chose ce qui n'apporte que du négatif sur le développement des enfants.

Aujourd'hui, notre proximité passe maintenant par le jeux, je m'assure de me concentrer pleinement sur elle plusieurs heures par jours, sans avoir le téléphone dans la main et de jouer, chanter, dessiner et faire des arts plastiques avec elle. Notre peau à peau a évolué mais je l'ai conservé car il est crucial pour moi et je pense très important pour elle aussi. Il a un pouvoir déstressant incroyable je trouve, pour nous deux, surtout en ce moment dans sa période de "terrible twos" et surtout après l'arrivée de sa petite soeur: nous prenons la douche ensemble tous les matins et nous finissons par notre "shower cuddle" (câlin de douche), je la prend dans mes bras et je lui fait un petit massage sous le jet de la douche. Souvent, nous prenons aussi des bains ensemble le weekend (avec plein de bulles ...très important ☺️). Surtout, nous faisons plein de câlins et de bisous et de "je t'aime"/"I love you", sans raison particulière, quand tout va bien, et aussi lors de ses "colères" ou "crises". Pour moi, il est important qu'elle sache que même si on ne va pas toujours dans son sens, ou si l'on n'est pas d'accord parfois, cela ne change pas notre amour pour elle.

Ma fille de deux ans et demi a une très grande confiance en elle, elle est pleine de vie et d'énergie. Elle parle beaucoup, chante beaucoup et je pense que nos proches seraient d'accord pour dire qu'elle respire la joie de vivre. En bref, elle est épanouie. Je suis convaincue que mon "maternage proximal" (et la proximité/complicité avec son papa bien sûr) en est la raison principale. Elle n'est pas devenue "collante" ou antisociale bien au contraire. Je suis certaine que sur le long terme, nous verrons encore plein d'autres bénéfices à notre façon de faire.

Je n'imagine tout simplement pas une autre façon d'être maman pour mes filles!

Ceci dit, chacun est différent et doit trouver ce qui correspond à sa famille et au bien-être de ses enfants. Le plus important je pense est d'être honnête avec soi-même et suivre son instinct de parent ♡.
Et vous, que pensez-vous du maternage proximal, vous convient-il ou bien vous avez une façon de voir et faire différente?

2 commentaires:

  1. J'ai le même point de vue que toi à part que chez nous, pas de cododo. Je ne connaissais pas suffisamment le sujet et je ne l'ai même pas envisagé.
    Mais sinon je vois que ma fille de maintenant 18 mois est très sociable, elle aime aller vers les autres et elle a déjà un petit caractère bien affirmé et rigolo. Ce qui me fait le plus plaisir c'est quand notre entourage nous dit qu'elle a l'air bien dans sa peau ! Comme toi c'est vraiment mon but premier et je me dit que cette manière que nous avons d'être avec elle y participe forcément !

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  2. Et oui c'est sûr, si ils se sentent aimés et supportés à l'infini alors ils ont une confiance en eux qui leur permet d'avancer sereinement dans la vie. Et peut-être que je me trompe mais quand je vois certains enfants à l'école de ma fille, plus âgés qu'elle et à l'école depuis plus longtemps qu'elle pour certains, pleurer encore souvent quand leurs parents les laisse le matin, j'imagine que pour beaucoup c'est peut-être parce que justement ils n'ont pas eu cette proximité suffisante pour leur donner la confiance nécessaire pour être sereins au moment de cette séparation... Avec ma fille, on doit lui courir après pour avoir un bisou :)

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