vendredi 20 septembre 2019

Fantasme de la maternité vs réalité




Être maman!
J'en ai rêvé pendant des années. Depuis le debut de mon adolescence, je rêvais de devenir maman. C'était un fantasme, presqu'une obsession.
Je pense que si j'en parlais à un psy, il/elle y verrait le reflet d'un quelconque manque...

Je rêvais de la grossesse, de ce moment où l'on a un petit être en nous, de ce ventre rond que l'on caresse toute la journée, à qui on parle et avec lequel on commence à créer un lien très vite. Ce qui a été mon cas d'ailleurs, j'ai eu de la chance pour mes deux grossesses, mais pour beaucoup de mamans c'est très different, les difficultés et complications existent et je pense que là aussi, certaines mamans peuvent tomber de haut et comme moi avec ce que je vais décrire ci-dessous, vivre très mal cette réalité par rapport à ce qu'elles avaient imaginé.

Mais surtout je rêvais de ce bébé parfait, un petit être à qui je donnerais tout mon amour et qui en retour, me donnerait tout son amour, des câlins, des sourires toute la journée, sans pleurs. Une harmonie parfait entre une maman et son bébé  l'osmose... Un bébé que je pourrais emmener en promenade à poussette, que je pourrais poser à côté de moi quand je ferais ma petite gym...
J'étais convaincue que les gens qui avaient des bébés ne faisaient que de se plaindre et que si leur bébé était si difficile c'est parce qu'ils manquaient d'empathie et ne s'en occupaient pas vraiment assez ou pas assez bien. Je pensais que les gens exagéraient quand ils parlaient de ce manque de sommeil et des pleurs inconsolables des bébés.
Je pensais naïvement qu'il suffisait d'aimer un bébé du plus profond de son coeur, de lui donner toute son attention ou en tous cas énormément d'attention, pour qu'il soit vraiment heureux, tout le temps et qu'il ne pleure pas. Bref, je pensais qu'être maman c'était un épisode des bisounours.......

Je pense qu'il est inutile de préciser que je me suis pris une grosse grosse claque en pleine figure!
Je suis redescendue de mon nuage, et ce, très vite après la naissance de Jodie qui ne dormait quasiment jamais, ni la nuit, ni le jour (je parlerai de mon expérience avec le sommeil des bébés dans un prochain article) et qui pleurait beaucoup... Malgré un maternage proximal et l'allaitement.
J'avais beau lui donner tout mon amour, toute mon énergie... Je n'arrivais pas à trouver ce bébé parfait que je m'étais imaginé... et celui que les mamans de mon groupe de maman (en Australie) et mes copines mamans avaient l'air d'avoir autour de moi (celui qui dort, qui se réveille un peu, heureux, qui mange et qui se rendort facilement et paisiblement).

Pour moi c'était manque de sommeil puissance 1000, pleurs et un cercle vicieux qui n'en finissait pas avec une maman inquiète pour son bébé  (est-ce que le manque de sommeil jouera sur son développement, est-ce qu'elle a mal quelque part pour ne pas dormir et pleurer comme cela, comment je vais pouvoir la faire garder) mais surtout, surtout, une tristesse et une détresse immense.
J'avais le sentiment d'avoir tout gâché et tout manqué des premières semaines, des premiers mois de ma fille, de ces moment que j'avais rêvés pendant tant d'années. D'ailleurs, je ne me souviens vraiment pas bien de ces moments tellement j'étais épuisée et dans le stress perpétuel.
Je pleurais beaucoup. Je ne sais pas si c'est ce qu'on appelle le baby blues ou pas et peu importe.
La réalité c'est que moi qui pensait être prête à devenir maman, moi qui pensait tout savoir sur les bébés, moi qui avait attendu ce moment plus que tout au monde... Je m'étais plantée royalement et j'étais déçue de moi et effondrée.

Alors j'écris cet article pour essayer d'éviter cela à d'autres mamans. Surtout les futures mamans qui, comme moi, ont attendu ce moment pendant longtemps.
Cet article ne se concentre pas sur des aspects techniques qui, selon moi, sont très importants à connaitre avant l'arrivée de bébé pour une adaptation au rôle de maman plus paisible (j'ai d'autres articles à ce sujet: maternage proximal; allaitement; éducation positive).

Cet article est plutôt un message de prévention: Les bébés ne sont pas des poupées!
- Les bébés ne dorment pas tous "comme des bébés" et cela ne veut pas forcement dire qu'ils ne vont pas bien, certains ont besoin de moins de sommeil que d'autres... c'est surtout plus difficile pour les parents qui sont épuisés.
- Les bébés ne peuvent pas tous être posés et être heureux dans un lit pour dormir; dans une poussette pour se promener, sur un tapis d'éveil pour vous permettre d'aller faire pipi en paix, ou dans un transat le temps que vous preniez une douche. Certains bébés (si cela ne tenait qu'à moi je dirais TOUS les bébés, mais il est clair que certains plus que d'autres) ont un besoin de contact quasi permanent et c'est normal! Ils ont passé 9 mois au chaud dans VOTRE ventre... il leur faut un temps d'adaptation dans ce nouveau monde.
- ET ATTENTION, GROS SCOOP: les bébés, pleurent. C'est inévitable. Même les bébés heureux pleurent... tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas parler! Ils pleurent si ils ont faim ou soif, si ils sont fatigués, si ils trop chaud ou trop froid,  si ils ont mal quelque part, s'il ne sont pas confortables, si ils ont peur, si ils sont "stressés" (ils découvrent et apprenent chaque jour énormément de choses, cela leur créer beaucoup d'émotions qu'ils doivent sortir) mais aussi, ils peuvent pleurer tout simplement... si ils ont envie d'un câlin!

Chaque bébé est différent.
Il y a des "faciles" et des bébés  plus "difficiles" (cela depend largement de votre vision des choses).
Avec un bébé il n'y a pas de règle, pas de manuel. Pour vivre l'arrivée de bébé et la vie de maman le plus sereinement, voici mes petits conseils:

- Préparez-vous mentalement à la fatigue, sur un plus ou moins long terme
- Apprenez à lâcher prise: si vous et votre bébé êtes encore en vie à la fin de la journée, tout va bien! Concentrez vous d'abord sur les besoins primitifs de votre bébé et les votres, reposez vous au maximum quand c'est possible (siestes du bébé - le reste peut attendre un peu et peut surtout être délégué...A bon entendeur :))
- Ne faites pas de gros plans pour les premiers mois, vivez au jour le jour. En suite vous pourrez aviser selon comment est votre bébé (ce qui va évoluer constamment)
- Acceptez que parfois (souvent) vous n'aurez pas de réponse, on ne saura pas pourquoi bébé pleure et parfois on aura du mal à le calmer. Dans ces moments là, une fois que vous avez vérifié à les basiques (faim, soif, change, sommeil, fièvre), il faut se dire que la seule chose que l'on peut faire, c'est d'être là pour eux, leur faire des câlins, les porter (bras mais sinon écharpe ou porte-bébé c'est magique 99% du temps ils s'y calment et s'y endorment) et si vous êtes trop angoissées, consultez un médecin (bienveillant). Il ne faut pas avoir peur d'y aller pour rien, une maman stressée ne pourra que stresser son bébé.
- Apprendre à écouter son bébé et observer les petits indices qu'ils peuvent nous envoyer plutôt que de regarder une montre pour savoir quand ils doivent dormir et mesurer constamment ce qu'il mange (si on est au biberon)
- Se renseigner sur le développement des bébés (je conseille tout ce qui touche aux neurosciences de l'enfant, le maternage proximal et l'éducation positive)
- Profitez des moments qui sont bons, les câlins, les sourires puis les rires, qui vous redonneront de l'énergie pour mes moments difficiles.


Et vous, comment aviez-vous imaginé la maternité avant de devenir maman? L'aviez-vous idéalisée ou au contraire, est-ce que vous vous attendiez au pire?
Avez-vous des conseils pour les futures mamans?


📷: Laura Boil Photographie 

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