vendredi 1 novembre 2019

Perception du temps quand on devient parent



Quand on devient parent, notre rapport au temps change.

Tout d’un coup, on a un petit être qui est complètement dépendant de nous. Nos bébés prennent presque tout notre temps, c’est normal, parce qu’ils sont dépendants de nous pour tout: manger, dormir, être propre. Et parce qu’ils ont de grands besoins affectifs, de portage, d’amour tout simplement.

Puis, quand ils grandissent, il faut jouer avec eux et leur trouver des activités, s’assurer qu’ils soient occupés de manière intelligente et toujours remplir leur « réservoir affectif ». 
Il faut aussi s’occuper de la maison, des courses, de faire à manger et essayer de nous-mêmes être propres, de manger et un minimum de se reposer... Bref, des choses basiques et fondamentales qui, quand on a un enfant ou plus, relèvent presque de l’impossible.

Alors dans tout ça, trouver du temps pour nous en tant qu’individu et non pas en tant que parent, c’est des fois très difficile voire impossible. 
On se demande pourquoi s’inflige ça. On regrette parfois notre vie d’avant un court instant. Cette vie, quand on pouvait dormir quand on en avait besoin, se reposer tranquillement sur le canapé ou aller boire un verre avec ses collègues après le boulot, où on on pouvait regarder Netflix quand on le voulait, sortir avec nos amis quand et autant qu’on voulait, bref faire des choses pour nous. 
Je pense que chaque parent au monde est passé par là à un moment donné, peu importe le degré de difficultés rencontrées avec le où les enfants, peu importe si l’enfant dort bien ou pas. Car quoi qu’il arrive c’est un grand bouleversement de nos habitudes et rien ne nous prépare au faite de devoir s’oublier souvent, mettre les besoins de quelqu’un d’autre en priorité devant les notre.

Évidemment, quand on assouvi à peine nos besoins vitaux, le reste, les loisirs pour notre développement personnel, nos passions, qui ne sont donc pas des besoins urgents mais qui sont importants pour notre épanouissement personnel et notre bien-être,  tout ça ça passe au dernier rang. 

Cela peut causer beaucoup de frustrations, qui, mêlées à la fatigue, peuvent mener à un état de dépression et d’amertume.

Je suis passé par là quand j’ai repris le travail après la naissance de mon ainée. Entre projets liés à mes passions sur lesquels je n’avais aucun temps de travailler et voyages d’affaires/formations de management à l’étranger proposés par ma boite/afterworks avec les collègues etc...que j’ai refusés car non compatibles avec ma vie de maman, j’avais le sentiment de passer à côté de pleins de choses aussi bien en tant que maman car je n'étais pas avec ma fille la journée que dans mon travail et mon épanouissement personnel. J'étais perdue.

J’ai eu la chance très vite après mon retour au travail d’être invitée par ma boite à une conférence sur les Femmes dans le Leadership. Cette conférence a changé ma vie aussi bien pour mon rôle de chef de projet que pour ma vie de maman. J’ai rencontré des femmes très haut placées, directrices, qui ont des enfants. 
L’une d’entre elles m’a ouvert les yeux:

Chaque période de notre vie va être rythmée par des priorités à un moment donné de notre vie. Elles ne seront pas figées pour toute la vie, au contraire elles évolueront sans arrêt. A chaque étape de notre vie nous allons choisir quelques priorités, leur donner un ordre et gérer notre temps en fonction de cet ordre. Pendant les premières années de notre vie de parent, nos enfants, notre famille sera la priorité qui nous prend le plus de temps et c’est normal.  Si on a un métier à côté, selon le temps qu’il nous prend et la passion qu’il représente (ou pas) on va le mettre en deuxième ou troisième priorité.  Ensuite on aura peut-être un ou deux autres priorités mais pas plus car nous n’avons que 24h par jour. 

Au début ce sera très difficile d’incorporer les autres projets (évolution professionnelle ou autre) que l’on a en tête dans nos priorités mais il faut se dire que nos enfants vont grandir, qu’ils vont aller à l’école, qu’ils vont de plus en plus s’émanciper, ils auront des activités extrascolaires, ils auront envie de jouer voire d’aller dormir chez leurs copains et bien vite on les verra beaucoup moins (même qu’ils nous manqueront bien trop) et alors dans cette future phase de notre vie, petit à petit, nous pourrons changer l'ordre de nos priorités et le temps accordé à chacune d’entre elles.

J’ai donc réalisé qu’effectivement j’avais énormément de temps dans les mains pour mes autres projets.  Pas tout de suite mais à l’échelle de ma vie. Aujourd’hui ma priorité bien sûr ce sont mes filles, c’est d’établir un lien puissant avec elles qui sera le socle, je l’espère, d’une belle relation pour toujours. Je me concentre là dessus et je n’espère pas faire autre chose de mes journées en dehors de mon boulot, mes filles et gérer le quotidien, donc je ne me frustre plus. Si il y a des jours où j’arrive à faire plus, alors je le vois comme un bonus.

Bien vite, elles dormiront mieux aussi et plus longtemps (je l’espère🤞) et je pourrais ainsi incorporer d’autres priorités le matin tôt ou le soir quand elles seront couchées (gym; projets... je suis plutôt du genre hyperactive et je n'aurais pas besoin de beaucoup d'heures de sommeil si je pouvais dormir quelques heures d'affilées).

Je sais aussi que bientôt elles me diront  « maman laisse-moi tranquille je veux jouer toute seule » ou « je veux aller jouer chez ma copine » (ce qui a déjà commencé pour mon ainée). Alors là, je respecterai leur besoin d’émancipation et d’espace et je pourrais alors prendre un peu plus de temps pour moi et les projets que j’ai en tête.
Tout est un question de perspective et de patience.

Ça n’empêche pas de prendre du temps juste pour soi quand ils sont tout petits selon nos besoins et possibilités de garde bien sûr mais il faut le faire en gardant en tête nos priorités du moment et les besoins de nos enfants.

Et vous, comment vivez-vous votre rapport au temps depuis que vous avez des enfants? Ressentez-vous une frustration de ne pas réussir à faire tout ce dont vous avez envie?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire